Placarder des logos sur tous les documents publiables est une pratique bien ancrée.
On ne saurait trop conseillé l’ouvrage rédigé sous la direction de Ruedi Baur “ Face au Brand Territorial” qui nous incite à nous poser des questions tant à la fois sur la finalité des logos, leurs pertinences et leurs qualités. Quel graphiste ou chargé de communication n’a pas cherché une de ces fameuses icônes en vain, celle que l’on attend au bouclage ? Dans le meilleur des mondes, ces logos sont fournis par le commanditaire qui les a lui-même obtenus auprès de ses partenaires. Dans la pratique, c’est parfois plus compliqué !

Si des structures organisées peuvent transmettre rapidement leurs logos dans une définition suffisante, pour d’autres, le graphiste ou l’agence devra relancer son contact plusieurs fois en espérant que le fichier reçu sera conforme à ses besoins parfois au détriment de ses propres délais. Mais le fichier se fait attendre, voir s’éternise. Quand celui-ci arrive, c’est pour constater qu’il est dans une définition inadaptée à l’impression et des solutions alternatives doivent être trouvées.

Au-delà des astuces décrites ci-dessous permettant de retrouver un fichier adapté ou de le reconstruire partiellement, la présence de logos en ligne questionne sur la difficulté pour leurs propriétaires d’en maitriser totalement la diffusion. Voici donc un aperçu des deux côtés du miroir !

Le site de l’organisation

Télécharger le fichier depuis le site de l’organisation propriétaire du logo est bien entendu la solution la plus simple à privilégier. Encore faut-il qu’un espace dédié à cet effet existe ! Au travers par exemple d’un espace « presse », ou au minimum la présence d’une information permettant d’identifier et de contacter le responsable. C’est le cas pour la ville de Montpellier, où il est possible de trouver le logo de la ville dans différents formats adaptés :

Logo de la ville de Montepllier

La pêche aux logos !

Les solutions de récupération s’appliquent uniquement si un partenaire n’est pas en mesure de transmettre un logo adapté pour une raison quelconque, mais donne toutefois son accord pour l’exploiter.

Google Image

www.google.fr/image
Retrouver un logo en bitmap, ou image matricielle, ne pose à priori pas trop de soucis si celui-ci n’est pas confidentiel. Le moteur de Google Image permet de retrouver un logo en 5 clics de souris ! N’oublions pas de spécifier les critères pour avoir plus de chance de pouvoir exploiter le résultat en privilégiant les grandes tailles.

Les bons réglages pour trouver un logo exploitable sur Google

Le logo reste introuvable ou dans une définition exécrable. Il faut donc ruser pour le trouver en « vectoriel », ce qui permet de s’affranchir de sa résolution.
Les logos « matriciels », dits aussi bitmap, sont des images constituées de pixels. Si l’image comporte peu de pixels alors la définition et la qualité du logo sont insuffisantes. Trouver un fichier de taille suffisamment importante pour réaliser une impression de qualité suppose donc que ce logo existe sur le web dans une définition largement supérieure à celle dévolue à un usage numérique.

À l’opposé, un logo « vectoriel » est réalisé avec des courbes de Béziers, un ensemble de formes, de courbes et de lignes calculées mathématiquement. Les fichiers vectoriels sont donc nets, quelle que soit leur taille, même minuscule. C’est le format à privilégier !

Google + filetypes:pdf

Lorsque l’on fait dessiner un logo, c’est bien évidemment pour s’en servir ! Internet étant un excellent canal pour toucher tous les publics, une multitude de documents destinés au départ à l’impression papier se retrouvent très souvent en ligne au format PDF. Plaquette de présentation, rapport d’action ou d’activité, fiche produit, etc. sont légion sur internet. Les logos qui s’y cachent ont plus de chance de s’y trouver en vectoriel. Il suffit alors de rechercher uniquement les fichiers PDF avec les termes adaptés en utilisant la fonction « filetype » de Google. Il suffit d’affiner sa requête en fonction du logo recherché.

Exemple de terme de recherche :

filetype:pdf logo nom-de-la-marque

Les logos sont souvent à jour sur le site de leur propriétaire ! Il est donc préférable de commencer sa recherche uniquement sur le site concerné avec la fonction de Google « site: », ce qui donne en l’occurrence :

filetype:pdf site :www.site-de-la-marque  logo

Il ne reste plus qu’à télécharger le PDF et l’ouvrir pour vérifier la qualité du précieux sésame.

Le format PDF embarque aussi bien du vectoriel que du matriciel. C’est le format de l’image inclus lors de la création du document et les paramètres de l’export du PDF qui définissent le format des images contenues à l’intérieur du PDF.

Si le logo est inclus en vectoriel dans le document, et que l’opérateur n’a pas « rastérisé » ou « écrasé » les images vectorielles lors de l’export, alors le logo est récupérable en vectoriel directement dans le PDF.

Pour vérifier, rien de plus simple, il suffit de zoomer très fortement le PDF !
La netteté de l’image vous renseigne sur le format de l’image, l’image pixélisée correspond à une image matricielle, une netteté du trait même dans le cas d’un zoom très important indique que l’on est en présence d’un fichier vectoriel.

logo de wikipedia flou

L’image matricielle est floue au zoom.

logo de wikipedia net

L’image vectorielle est nette au zoom.

Une fois le PDF téléchargé, il est possible de l’ouvrir avec un outil approprié pour extraire le logo. Adobe Illustrator, Inkscape, Coreldraw ou encore Affinty Designer peuvent ouvrir les PDF.

Les contraintes légales

Si la présence d’un document en ligne est disponible, il atteste de son caractère public et vous permet donc d’y avoir accès. Les fichiers PDF et leurs contenus, comme toute publication, sont par contre protégés par le droit d’auteur (ou le copyright). Les logos n’y dérogent pas et il est primordial de préserver leur intégrité dans le cadre de la mission confiée.
Hormis si la présence d’une licence de diffusion le permet, exploiter le contenu d’un PDF nécessite d’en avoir obtenu l’autorisation. Le contrôle permanent de PDF en ligne étant pratiquement impossible sauf à y consacrer des ressources importantes, en tant que propriétaire d’un PDF en ligne, il est préférable de se pencher sur cette question en amont de la publication (voir à ce sujet la fin de l’article).

Les contraintes techniques d’une telle méthode

Si le PDF est généré spécialement pour une utilisation web, le logo est sûrement converti en RVB et il doit être transformé en CMJN sans pouvoir vérifier que les couleurs finales sont conformes à sa charte graphique. Ce qui oblige à retrouver cette autre information…

Si le logo comprend des polices non vectorisées (non transformées en vecteur) alors nous devons disposer de la police de caractère utilisée lors de sa création. Même si le logiciel utilisé pour ouvrir le PDF indique la police manquante, l’exploitation reste délicate et le travail de récupération devient conséquent.

Rechercher le logo sur des annuaires en ligne

Plus ou moins à destination des graphistes et agences de communication, des plateformes collectent les logos pour les mettre à disposition. Le stockage de ces logos sur des serveurs tiers n’est d’ailleurs pas sans poser de questions quant à légalité de ces banques d’images. Même sans absence de chiffres, la présence d’appels publicitaires en nombres sur ce genre de site suggère que la recherche de logo est une pratique existante sinon répandue !

instantlogosearch.com

instantlogosearch.com
Adapté à la recherche de logos de marques internationales et plus spécialement américaines. On n’y trouve que peu de logotypes de marques françaises !

Brands of the World

www.brandsoftheworld.com
Il est possible de trouver des logos ou des mises à jour récents de quelques mois. Les fichiers sont au format EPS et pour certains en CDR, le format de Coreldraw. Les fichiers CDR peuvent également s’ouvrir avec le logiciel libre Inkscape.

webchantier.com

www.webchantier.com
Une base de données très complète, mais qui manque de fraicheur ! Le site n’est plus tout jeune et dénicher un logo dans sa dernière version relève d’un sacré coup de chance (ou peut-être que celui-ci n’a pas besoin de relooking !). Il est toutefois possible de trouver d’autres usages à ce site : découvrir les différentes versions des logos dans le temps, utile si l’on à un mémoire à faire sur le design des marques ! Les fichiers sont au format de fichier : AI (Illustrator).

Un historique non exhaustif des logos successifs d’un constructeur automobile français tiré de Webchantier.

Les logos successifs d'un grand constructeur français.

Mais qu’en pense le propriétaire du logo ?

Le logo appartient à son propriétaire, mais par sa fonction de représentation il est obligatoirement soumis à une diffusion plus ou moins importante. D’où l’intérêt de réfléchir à cette question sans œillère ! Les deux grandes axes de réflexion : la fermeture ou l’ouverture.

La fermeture : restreindre les exploitations tierces

Si l’on ne souhaite pas autoriser l’exploitation de son logo, il faut limiter sa présence sur internet dans des formats de grandes tailles. Contacter les annuaires pour leur demander de supprimer le fichier incriminé de leurs bases de données. La légitimité de ces annuaires est toute relative puisque le stockage de chaque logo devrait logiquement faire l’objet d’une autorisation.

Privilégier l’export écrasé ou rastérisé pour les PDF destinés au web

Exporter un PDF en taille minimum et en écrasant les images, réduit drastiquement la possibilité de récupération des logos !

Verrouiller un PDF

En dernier recours, pour interdire la modification de PDF il est possible de procéder à leur verrouillage. Plusieurs logiciels permettent de bloquer certains paramètres et notamment l’édition par un logiciel tiers par mot de passe. La protection contre la lecture ou l’impression sont aussi possibles. À chacun d’adapter avec raison et justesse cette restriction à son public, sous peine de diffuser plus difficilement ce que l’on souhaite communiquer le plus possible !

l’ouverture : organiser la diffusion de ses logos

La présence sur le site d’une organisation d’un espace dédié à la mise à disposition de son logo permet de distribuer un fichier techniquement adapté, conforme, mis à jour et qui permet d’éviter des utilisations inadaptées.

C’est l’occasion de délivrer un logo accompagné d’une mini charte pour optimiser son utilisation. Il est aussi possible de soumettre le demandeur à un formulaire pour que celui-ci précise son identité et l’utilisation qu’il compte faire du logo. Dans tous les cas, un graphiste appréciera plus facilement une information disponible qui lui est fournie et qu’il à juste a appliquer.

À la clé, la cohérence de la marque sur des supports dont à priori on ne maitrisez pas la finalité!

Le prix du logo, en détail…

La charte graphique